dimanche 21 juin 2009

Bienvenue en Nouvelle-Calédonie

J’arrive en Nouvelle-Calédonie le 21 Mai, où j’ai rencontré une Caldoche (Blanche née en Kanakie), qui m’a un peu parlé du pays. Je m’installe à l’auberge de jeunesse, sur une des collines surplombant Nouméa, le seul endroit abordable pour dormir. Il fait mauvais temps pendant 3 ou 4 jours, c’est la Pentecôte, tout est fermé, même l’hôpital !! Je commencerai mes démarches pour trouver du boulot le lundi. Vendredi, première soirée dans un bar « Blanc » où y a un concert ska, raggae…

Le lendemain, voulant retirer des sous, je me retrouve sans carte bancaire, avec seulement 1000CFP en poche (à peu près 8 euros). Mon père m’envoie des sous. Je vais devoir attendre une semaine pour savoir si ma carte est retournée en France ou est restée à Nouméa. Finalement, une semaine après, j’ai pu la retrouver, ouf, sauvé… Pendant ce temps, je fais les hôpitaux, les cliniques, les maisons de retraite, les boîtes d’intérim, rien, sauf une mission pour poser des pubs sur les pare-brises des voitures… Sinon, avec un pote de l’auberge, on va à la pêche, ou à la plage faire un peu de snorkeling.

La ville de Nouméa est la plus grande ville de Calédonie, 100 ou 150 000 habitants alors que la Calédonie en a que 250 000. C’est donc une ville multiethnique (il y a une trentaine de langues Kanaks en Nouvelle-Calédonie), des Kanaks donc, des Wallisiens, des Futuanais, des Vanuatais, des Polynésiens, des Chinois, des Caldoches et des Z’oreilles (moi).

A Nouméa, donc, la vie est très chère, un appart est au moins 500E pour une coloc, sinon, tout seul c’est 1000E, les voitures d’occaz les plus merdiques sont à 3000E,… tout est cher, même la bouffe, quand il y en a. Parce que la Nouvelle-Calédonie est rongée par des grèves générales à répétition depuis deux ans maintenant. Pourquoi, je sais pas trop. Un jour, je vais faire mes courses au Champion, en tant normal, y a pas grand chose, comme dans les magasins Soviétiques, mais là, rien, même plus de riz !!

Sinon, sa population est très accueillante, tout le monde te dit « bonjour », tout le monde est cousin aussi !!,… Mais aussi, y un gros problème d’exclusion, de xénophobie, de malaise dans certains endroits et plus particulièrement la nuit. A partir de 5h, quand le soleil se couche, les rues se vident et les endroits d’habitude si chaleureux deviennent mal famés, je deviens « spectateur du désespoir ». Les gens sont alcoolisés, deviennent agressifs, violents,… Pour cela, pour « éviter » le problème, la vente d’alcool est interdite à partir de 16h… mais des espèces de bottle shop parallèle se sont installés dans les « bidonvilles » aux alentours de Nouméa !

Quoi qu’il en soit, il existe un mal-être, les gens se mélangent pas ou peu. Nous non, on va aux Nakamals (espèce de café tout sombre)où les gens boivent des kavas (extrait de racine de poivrier) dans des selles (petit bol). C’est dégueulasse, mais ça détend et anesthésie un petit moment la langue et la bouche !!
On va dans les cafés, les boîtes remplies de Kanaks, ils y passent du raggae tout le temps. On n’a jamais eu d’embrouilles, au contraire, que de supers rencontres… Ils nous expliquent la vie d’ici, on leur parle un peu de la vie en métropole.
Mais ici, il y a un manque de formation des cadres, des « hauts gradés » en général, ce qui fait que le pays est totalement « dirigé » par les Blancs, venus ou revenus de métropole pour leurs études.

J’ai trouvé du boulot comme forain dans un manège pour enfants, le jeudi 13 Juin à côté du marché de Nouméa, je bosse 6 jours par semaine avec le Lundi de repos et un week end par mois. Je bosse de 15h jusqu’à ce qu’il y ait plus d’enfants, c’est à dire entre 21h30 et 23h. Tout ça pour 150 000CFP brut par mois, donc une misère pour vivre ici. Pour trouver un logement, c’est la merde parce que je travaille en centre-ville et que les bus circulent plus à partir de 19h. Ca me bloque plein de possibilités, je vais pas acheter une voiture, et un vélo d’occasion coûte 30 000CFP. Donc je suis toujours à l’auberge où ils m’ont fait comprendre que je ne pouvais pas rester plus longtemps que la fin du mois de Juin.

Sinon ce week end (le 20 et 21 Juin), on est parti avec Séb et Samy (qui a acheté une caisse) dans la brousse. On a fait à peu près le tour. Le soir on a voulu aller dormir dans une tribu, mais la route était bloquée à cause d’un éboulement et il était trop tard apparemment. Donc on est allé vers un camping gratuit, au passage on s’arrête dans un Nakamal perdu au milieu de nulle part… On va boire un kava et on demande si on peut rester et manger. Le gars (un Indonésien) nous dit que non. On commence à repartir, et un Kanak nous dit de rester et de manger avec eux. Cool. Ils avaient fait des grillades. On avait un peu de vin, on a tout partagé. On a passé toute la soirée avec eux, ils nous ont montré de nouveaux trucs comme les « amuses gueules » : whisky-vin, un véritable tord boyaux, vraiment dégueulasse. On a dormi dans le Nakamal. Le matin on se réveille et on voit le décor qu’on avait pas vu la veille à cause de la nuit. C’était vraiment magnifique : des montagnes vertes partout et au loin le lagon.

La brousse n’a rien à voir avec Nouméa : la brousse est restée authentique alors que Nouméa est devenue une métropole occidentale avec toutes ses dérives. Là-bas, les gens sont encore plus gentils, y a peu de magasins et presque tous les gens vivent en tribu, en autonomie. Mais les temps changent, les jeunes partent au lycée à Nouméa et apprennent les mauvaises manières et ne reviennent pas souvent en brousse au sein de la tribu.

Retour à Nouméa et la routine reprend

Ce ne sont que des impressions, ce n’est peut-être pas la réalité de la Calédonie, mais c’est ce que je ressents pour l’instant…

Je vais travailler à peu près deux mois ensuite, je partirai à la découverte de la Kanakie profonde, de ses gens, partirai voir deux de ses îles : l’île des Pins, tout au Sud (« l’ile la plus proche du Paradis ») et Ouvéa, parmi les îles Loyautés, à l’Est du Caillou (autre nom de la Kanakie)

Ensuite sûrement le Vanuatu, qui est comme la Calédonie, mais plus authentique, et qui possède le volcan actif le plus accessible au monde.

Plus qu’un mois et demi à tenir et l’aventure recommencera